Au fondement des sociétés humaines : Ce que nous apprend l'anthropologie

Au fondement des sociétés humaines : Ce que nous apprend l'anthropologie

Télécharger from Legrigri for Au fondement des sociétés humaines : Ce que nous apprend l'anthropologie

Télécharger:
ID: 2081231255
Cloud: Antiquité
Téléchargement total: 3308
Lire en ligneTéléchargement

Description du produit

Au fondement des sociétés humaines, il y a du sacré. Autant le savoir, et apprendre le secret de fabrique de ce qu'en Occident on appelle le " politico-religieux ", en ces temps où le lien social se distend, où la logique communautariste et identitaire semble l'emporter sur ce qui rassemble. Ce livre est le fruit de quarante années de recherches menées par l'anthropologue français le plus discuté à l'étranger après Claude Lévi-Strauss, et dont le parcours a été marqué par quatre étapes majeures sur le chemin de cette conclusion fondamentale, chacune d'elles faisant ici l'objet d'un chapitre : il est des choses que l'on donne, des choses que l'on vend, et d'autres qu'il ne faut ni vendre ni donner mais garder pour les transmettre; nulle société n'a jamais été fondée sur la famille ou la parenté ; il faut toujours plus qu'un homme et une femme pour faire un enfant; la sexualité humaine est fondamentalement a-sociale. Sans jamais cesser de s'interroger sur l'histoire, les méthodes et le sens de l'anthropologie, Maurice Godelier livre ici un ouvrage de référence, qui vaut introduction à l'ensemble de son oeuvre.

Extrait

Extrait de l'introduction :

A quoi sert l'anthropologie ?

C'est au cours d'un débat qu'est né le projet de ce livre. J'avais été invité à prononcer un cycle de quatre conférences par l'université de Virginie, les fameuses «Page Barbour Lectures». C'était en 2002.
Deux groupes s'opposaient : les uns affirmaient qu'ils ne croyaient plus ou pas qu'on puisse encore accorder un quelconque «crédit» scientifique, attribuer une «autorité» particulière aux analyses et aux écrits des anthropologues, mais pas davantage à ceux des historiens, orientalistes, etc., qui enseignent dans les universités de l'Occident ; les autres invoquaient les hauts faits de l'anthropologie, tels la découverte et l'inventaire des divers systèmes de parenté connus à nos jours, et maintenaient que cette discipline ne pouvait être regardée comme un pur auxiliaire de l'expansion et de la domination de l'Occident sur le reste du monde, mais comportait, dans ses méthodes et dans ses résultats, des éléments qui faisaient d'elle une discipline «scientifique» à part entière, même si son degré de scientificité était modeste comparé à celui des sciences de la nature.
Ce genre de débat n'était pas vraiment nouveau. En anthropologie, on avait même pris l'habitude depuis la fin des années 1980, quand Marcus, Fischer, Clifford, Rabinow, Tyler et un certain nombre d'autres avec eux, ou après eux, exhortaient, dans leurs écrits, leurs collègues à prendre une conscience «réflexive» et critique de leur discipline, à la «déconstruire» dans ses moindres recoins et à inventer une nouvelle manière de la pratiquer, «a New Ethnography», disait-on, d'en communiquer les résultats, cette façon «plurivocale» d'écrire qui laisserait entendre beaucoup d'autres voix que celle de l'ethnologue qui, désormais, ne revendiquerait aucune autorité particulière dans l'interprétation des faits rapportés. Ceux-ci, aux yeux de certains, ne pouvaient et ne devaient plus être «re-présentés» mais seulement «évoqués» - et si possible poétiquement. À cette frontière, anthropologie et littérature se fonderaient l'une dans l'autre pour produire des sortes de récits-fictions. Dans le flot de ces appels à une nouvelle ethnographie et à la déconstruction générale de l'ancienne, d'autres figures emblématiques furent également convoquées afin qu'elles apportent le poids de leur autorité : leurs voix venaient d'outre-Atlantique bien qu'elles eussent pour noms Lyotard, Derrida, Foucault, Deleuze, Baudrillard, Ricoeur..., dont un corpus de citations, accolées pêle-mêle, constitue aux Etats-Unis ce qu'on appelle la «French Theory». Celle-ci est, en effet, une invention purement américaine. En France il n'existe pas de «French Theory». Il existe des penseurs - Lyotard, Foucault, Derrida, entres autres - qui ont produit, à partir des années 1970, des oeuvres singulières, qui ont, à plusieurs reprises, changé de paradigmes théoriques, qui se sont à l'occasion profondément opposés entre eux (tels Foucault et Derrida) et unis à d'autres moments, et dont l'influence, une fois les effets de mode épuisés, ne fait pas d'eux des gourous ou des visionnaires éclairant le champ tout entier de la pensée mais des penseurs utiles à ceux qui s'attachent à éclairer tel ou tel aspect de la réalité, tel ou tel champ de problèmes. Bref, la France produit et exporte de nombreux et brillants penseurs, mais, sur place, elle les consomme le plus souvent avec mesure et pragmatisme et ne laisse en général aucun d'entre eux occuper toute la place.

Revue de presse

Longtemps, on a considéré l'imaginaire comme un domaine secondaire. L'essentiel du fonctionnement des sociétés se jouait, pensait-on, dans la production des conditions matérielles de vie, l'organisation de la parenté, les échanges - symboliques ou marchands. Le premier apport du livre de Maurice Godelier, Au fondement des sociétés humaines, est de rappeler combien ces explications, qui furent souveraines, sont aujourd'hui caduques...
Voilà donc un ouvrage à plusieurs faces, où sont bousculées quelques idées reçues, écartées bon nombre d'illusions et proposées des pistes nouvelles pour parvenir à comprendre ce qui façonne ces étranges machines que sont les groupes humains. Manifeste et bilan, plaidoyer pour les sciences sociales, claire synthèse d'une déjà oeuvre abondante, il amorce aussi des analyses qui visent au coeur notre actualité. Ce qui fait plusieurs raisons de lire. (Roger-Pol Droit - Le Monde du 8 novembre 2007 )

Maurice Godelier a consacré sa vie aux sciences humaines. Il dénonce aujourd'hui le manque de moyens...
L'anthropologue rebelle n'aura de cesse de remettre en cause les idées reçues sur le don, la parenté, le rôle de la famille dans la construction de la société, la place de l'imaginaire face au matériel...
Revenu à son poste de l'Ecole des hautes études en sciences sociales, souvent invité par les universités américaines, Maurice Godelier a conçu ce dernier livre, Au fondement des sociétés humaines, comme un plaidoyer. Entre la mainmise des sciences dures sur la recherche, le manque de crédits et le scepticisme vis-à-vis des études venues du monde occidental, les sciences humaines ont du mal à se faire entendre. Pourtant, ni les mathématiques, ni la physique ou les neurosciences ne peuvent expliquer le rôle de l'échange, de la sexualité ou de l'imaginaire. Sans une science qui prend de la distance par rapport aux valeurs de sa propre société, il n'y a pas de compréhension possible. Pas de démocratie. (Françoise Monier - Lire, novembre 2007 )

Il ne suffit pas pour un ethnologue, dit ironiquement Maurice Godelier, de se faire accepter par un petit groupe de personnes qui vont devenir ses «informateurs» et de tenir avec elles pendant quelques mois des conversations à bâtons rompus autour d'un feu. Ainsi doit-on comprendre qu'on ne naît pas ethnologue mais qu'on le devient... et qu'on peut le rester quand bien même le terrain du chercheur ne se situe plus en terres lointaines. Dans ce nouveau livre, plus personnel que les précédents, Maurice Godelier, 73 ans, décrit avec clairvoyance le monde contemporain dans lequel l'anthropologue du XXIe siècle (lui-même en l'occurrence) continue d'exercer son métier, monde postmoderne, postmarxiste, poststructuraliste...
Tout ce livre tend vers l'idée centrale que ce qui confère une identité sociale globale aux individus comme aux groupes ce sont les rapports politico-religieux au sein desquels les individus et les groupes se trouvent placés et qu'ils doivent reproduire et transformer. C'est pour cela que les changements dans les rapports de pouvoir entre les sexes doivent intervenir à plusieurs niveaux de la vie sociale, et pas seulement dans la famille...
Tant Confucius et Aristote que, bien plus tard, Marx et Freud en prennent ainsi pour leur grade, Maurice Godelier défendant avec une grande cohérence la théorie que la famille et la parenté ne sont pas les fondements de la Cité ou de l'Etat, pas plus que les rapports économiques ne façonnent l'architecture d'une société. Quel chemin pour un ancien marxiste ! (Geneviève Delaisi de Parceval - Libération du 22 novembre 2007 )

Présentation de l'éditeur

Au fondement des sociétés humaines, il y a du sacré. Autant le savoir, et apprendre le secret de fabrique de ce qu'en Occident on appelle le " politico-religieux ", en ces temps où le lien social se distend, où la logique communautariste et identitaire semble l'emporter sur ce qui rassemble. Ce livre est le fruit de quarante années de recherches menées par l'anthropologue français le plus discuté à l'étranger après Claude Lévi-Strauss, et dont le parcours a été marqué par quatre étapes majeures sur le chemin de cette conclusion fondamentale, chacune d'elles faisant ici l'objet d'un chapitre : il est des choses que l'on donne, des choses que l'on vend, et d'autres qu'il ne faut ni vendre ni donner mais garder pour les transmettre; nulle société n'a jamais été fondée sur la famille ou la parenté ; il faut toujours plus qu'un homme et une femme pour faire un enfant; la sexualité humaine est fondamentalement a-sociale. Sans jamais cesser de s'interroger sur l'histoire, les méthodes et le sens de l'anthropologie, Maurice Godelier livre ici un ouvrage de référence, qui vaut introduction à l'ensemble de son oeuvre.

Biographie de l'auteur

Directeur d'études à l'EHESS, Maurice Godelier est l'une des figures majeures de l'anthropologie française. Il est notamment l'auteur de "La Production des grands hommes", "L'Idéel et le matériel", "L'Enigme du don" et "Métamorphoses de la parenté", tous disponibles dans la collection "Champs".

Détails & caractéristiques

Informations sur le produit

À propos de cet article

Informations sur le produit

LIVRES POPULAIRES