Le Rosaire des philosophes

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Le Rosaire des philosophes est l'un des écrits les plus lus et commentés des alchimistes. On peut en dater la composition à la première moitié du XIVe siècle, mais il n a rien perdu de son actualité, puisque, au XXe siècle, C.G. Jung utilisa les gravures qui illustrent ce traité comme support de réflexion à la Psychologie du transfert. Entrer dans cet écrit, c'est laisser à la porte une certaine raison pour plonger dans une logique différente, un langage autre, celui des symboles et des images. La désorientation qui en résulte permet de se retrouver en prise directe avec la vie de l'âme et avec la langue paradoxale de l'inconscient. Vient alors une ouverture à la nature même des processus qui habitent le monde de la psyché et le monde de la matière. Les alchimistes s'efforçaient de comprendre la nature extérieure. Ce faisant, ils dévoilaient les mouvements de la nature intérieure, comme si nature extérieure et nature intérieure se répondaient. Le respect de la nature était au coeur de leur démarche et l'on trouve très fréquemment sous la plume de l'auteur du Rosaire la recommandation de ne rien faire qui soit contraire à la nature, de ne rien brusquer (« L'impatience est du diable ! »), de ne pas se décourager, mais d'accepter de revenir sans cesse sur un point, dans une « réitération » que l'on retrouve inévitablement dans tout travail approfondi sur soi-même. À ce prix, qui est celui d'une désappropriation et d'une transformation, se révèle ce qui fait l'essence de la vie.

Extrait

Extrait de la préface du traducteur, Etienne Perrot :

Celui-là seul qui sait faire la Pierre des philosophes comprend leurs paroles concernant la Pierre.
(«Le Rosaire des Philosophes», p. 105)

Le Rosarium philosophorum est un des livres de la Pierre que nos pères ont médités avec le plus d'assiduité et de ferveur. Son titre explique une des raisons de cet intérêt. Si l'auteur en effet a pratiqué lui-même le magistère et dit l'avoir exploré jusqu'au degré du lion vert, si ses méditations et ses expériences l'on conduit à livrer à ses successeurs une précieuse série de dix-neuf figures comme un héritage à faire fructifier, son principal souci semble avoir été de s'effacer devant ses maîtres et de composer un florilège des avis laissés par ces «fils de l'enseignement».

Il eût peut-être fallu dès lors intituler ce traité «La Roseraie des philosophes». Mais c'eût été faire table rase d'une tradition hermétique vieille de quatre siècles. Lorsqu'ils citent amoureusement «Le rosaire», les anciens philosophes français ne sacrifient pas, soyons-en certains, à un réflexe paresseux né d'une piété aveugle, car l'un des traits propres de la voie alchimique a été précisément d'éveiller des êtres conscients, «illuminés», à l'intérieur d'une collectivité où la sécurité s'obtenait le plus souvent au prix de «la lumière moderne». Mais ils se souvenaient que le rosaire chrétien est une couronne de fleurs tressée à la mère de Dieu. Et qu'était pour eux la reine Alchimie sinon la mère de la Pierre, manifestation parmi nous de la permanence divine, essence surnaturelle devenue présente et opérante pour s'être dotée «d'un corps, d'une âme et d'un esprit» ? Est-ce un hasard si l'avant-dernière image de notre traité nous montre le terme de l'oeuvre, l'exaltation de la matière première, dans le couronnement de la Vierge Marie ? Et ne devons-nous pas de ce fait attacher un prix particulier à l'avis formulé non loin de là : «Le degré de votre sagesse croît dans ma soeur la lune et non par un autre de mes serviteurs» ? Le soleil dans la bouche duquel ces paroles sont mises par le philosophe Belin invite ainsi sans ambages les hommes épris de gloire et de science à suivre, s'ils veulent accéder à lui, le chemin de la femme, à incliner leurs intelligences fières pour laisser leurs vases s'emplir de cette douceur lactée que la reine des nuits répand sur les humains, les animaux et les plantes dans le silence où se consomme l'amour. Il les engage à le dissoudre sans peur et à le plonger dans la mer pour qu'au matin il réapparaisse rénové.

Le rosaire des philosophes est d'ailleurs l'oeuvre d'un clerc, enfant de ces siècles qui virent l'apothéose de Marie se traduire sur notre sol dans une floraison de cathédrales dédiées à une humble femme devenue le siège de la Sagesse. L'allusion à l'alchimiste Arnaud de Villeneuve présenté comme un contemporain permet de dater l'ouvrage de la première moitié du XIVe siècle. L'auteur appartient à cette lignée d'ecclésiastiques qui ont porté au cours des âges roman et gothique le flambeau de la clarté isiaque au sein d'une chrétienté sourcilleuse, prompte à dépister l'illuminisme et à le livrer au bras séculier. C'est seulement à la Renaissance, lorsque l'alchimie sera redevenue une fois encore, selon la pente naturelle de l'esprit humain, la proie des «souffleurs de charbon», que l'on verra surgir un médecin, Théophraste Bombast dit Paracelse, né lui-même à l'ombre d'un sanctuaire de la grande Mère noire, Einsiedeln. Il ranimera le feu secret, rouvrira la source ignée où viendront boire des générations de «physiciens», médecins et apothicaires épris des «secrets chymiques de la nature», et donnera ainsi à l'alchimie un visage nouveau qui caractérise jusqu'à un certain point sa phase moderne.

Présentation de l'éditeur

Le Rosaire des philosophes est l'un des écrits les plus lus et commentés des alchimistes. On peut en dater la composition à la première moitié du XIVe siècle, mais il n a rien perdu de son actualité, puisque, au XXe siècle, C.G. Jung utilisa les gravures qui illustrent ce traité comme support de réflexion à la Psychologie du transfert. Entrer dans cet écrit, c'est laisser à la porte une certaine raison pour plonger dans une logique différente, un langage autre, celui des symboles et des images. La désorientation qui en résulte permet de se retrouver en prise directe avec la vie de l'âme et avec la langue paradoxale de l'inconscient. Vient alors une ouverture à la nature même des processus qui habitent le monde de la psyché et le monde de la matière. Les alchimistes s'efforçaient de comprendre la nature extérieure. Ce faisant, ils dévoilaient les mouvements de la nature intérieure, comme si nature extérieure et nature intérieure se répondaient. Le respect de la nature était au coeur de leur démarche et l'on trouve très fréquemment sous la plume de l'auteur du Rosaire la recommandation de ne rien faire qui soit contraire à la nature, de ne rien brusquer (« L'impatience est du diable ! »), de ne pas se décourager, mais d'accepter de revenir sans cesse sur un point, dans une « réitération » que l'on retrouve inévitablement dans tout travail approfondi sur soi-même. À ce prix, qui est celui d'une désappropriation et d'une transformation, se révèle ce qui fait l'essence de la vie.

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